Quelques pages de l'histoire de Haraucourt
L'histoire du village
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Redevances dues au seigneur

D'après une déclaration de la comtesse de Châtenay ( 1782 ) usufruitière de la terre de Haraucourt et de la cense et moulin de la Borde, la comtesse est usufruitière seule et sans part d'auteur de la terre et seigneurie de Haraucourt consistant en haute, moyenne et basse justice, droit de troupeau à part, cens, rentes, redevances et prestations.
La terre de Haraucourt est affermée à moitié fruit à Nicolas Briat et Henri Voignier pour 9 années, soit 833 jours, 8 ommées de terre en grande partie sur le ban de Haraucourt, lui rapportant, déduction faite des frais d'exploitation.

La nature des redevances dues par les habitants de Haraucourt telles qu'elles sont fixées par les plaids annaux du Il janvier 1712, sont tenus au château de Haraucourt. Toutes les maisons de Haraucourt, à la réserve de 4, sont chargées par an de 2 poules et 2 sols (Bois de Racenel).
Chaque laboureur faisant charrue entière doit 2 Sols lorrains pour la monte des chevaux. Les habitants sont tenus de faire, le 1er jeudi après la décollation de Saint-Jean Baptiste, la déclaration de leur bétail, pour lequel ils doivent 3 sols pour chaque cheval tirant à char, ou à charrette ou faisant charrue, 2 deniers seulement pour le cheval ne tirant pas, 12 deniers pour la vache donnant du lait et 2 deniers seulement pour toutes les autres bêtes, les particuliers qui n'ont pas de bétail paieront chacun 2 sols.
Chaque laboureur doit de plus 2 journées de charrue chaque fois qu'on laboure les blés et les avoines, comme aussi 8 corvées de bras chacun (2 à sarcler les blés, 2 pour sarcler les avoines, 2 à seiller les blés, 2 pour seiller les avoines) la charrue entière n'étant composée que de bêtes.

Les journées de corvée commenceront au lever du soleil et termineront à midi pour les journées de charrue, au coucher du soleil pour les corvées à bras, la même année, aux plaids annaux du 23 novembre 1712, le seigneur Anne Claude de Thiard, a consenti à remplacer les 8 journées de charrues par 2 jours de terre à labourer dans chaque saison. La corvée de bois commence à 6 heures du matin.
Le nouveau seigneur de Thiard consent aussi, sur la réclamation des habitants, à donner une pinte de vin et 2 livres de pain avec un morceau de fromage, pour chaque charrue, chaque labour et pour les corvées de bois (seront nourris de même qu'ils le sont par les fermiers modernes).

Droit d'entrée de ville de 40 francs:
moitié au seigneur, moitié aux habitants; tout enfant de Haraucourt qui a quitté le vi1lage et y revient plus tard, ne doit que 20 francs. Ainsi, en 1788, 8 personnes ont payé le droit d' entrée (qui est de 20 fcs barrois, 10 fcs pour les veuves).

Droit de relèvement:
au plus tard 40 jours après le décès de quelqu'un, les héritiers doivent un setier de vin (environ 8 litres) "ny du moindre, ny du meilleur, comme il se vend au lieu"

Droit de revêtement:
dû par tout particulier qui achète un immeuble dans les 6 semaines au plus tard, il est dû 2 pots de vin (environ 4 litres).

Le Seigneur a le droit de mettre les bans, de moissonner, de vendanger avant les habitants, sauf lorsque quelques particuliers sont en nécessité de couper quelques grains, pourquoi ils sont tenus de demander la permission; les habitants ne peuvent faucher avant le Seigneur.

Lorsque celui-ci en a, les habitants sont soumis au droit de banalité (moulin, pressoir, four).
Le pressoir se trouvait dans la rue du Port, dans la maison qui porte actuellement le n° 15 (vendue le 28/03/1810 par Nicolas Burtin, maire) le four qui était dans une des petites maisons qui occupaient la place actuelle, fut réunie au pressoir au milieu du XVIII ème siècle. rue de l'Abbé Michel au n°4, car on distingue au dessus de cette porte une pierre sculptée représentant 2 pelles à enfourner entrecroisées.

Le seigneur avait, pour le pressoir banal, le 12ème chaudron résultant du pressage.
Par acte du 5 novembre 1703, Anne de Livron, veuve de Charles Elisée de Haraucourt accorde sur la demande de la communauté le droit aux habitants de construire des fours dans leurs logis pour s'en servir comme bon leur semblera, mais sans que cette permission puisse nuire ou préjudicier à l'avenir aux seigneurs et à ses successeurs en cette terre, laquelle il leur sera libre de révoquer ou de continuer si bon leur semble.

En compensation du droit de banalité, les habitants payeront à la Saint Martin d'hiver, aux greniers du château par chacune charrue 2 bichets (moitié de blé, la moitié charrue à la proportion, le manoeuvre un bichet et la veuve 1/2 bichet sans déroger à un droit du seigneur qui est de percevoir pour chaque année 5 barrois pour la permission qui est accordée à chaque boulanger du lieu pour cuire du pain blanc dans leur four.

En 1771, à la réquisition de la comtesse de Châtenay qui avait exigé recouvrer son droit de banalité et en exécution de l'arrêté de la Cour souveraine de Lorraine et du Barrois, une visite est faite dans toutes les maisons du lieu pour s'assurer de la mise hors d'état des fours.
Quatre subsistaient, les propriétaires sont tenus de payer 25 lires d'amende, et leurs fours démolis séance tenante.